PLAIDOYER POUR LA RUSSIE « HUMILIEE » A L’ACADEMIE FRANCAISE

20 décembre 2016

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L'écrivain d'origine russe Andreï Makine lors du traditionnel discours de réception à l'Académie française, le 15 décembre 2016

Paris – La réception de l’écrivain d’origine russe Andreï Makine jeudi à l’Académie française a été marquée par un plaidoyer en faveur de la Russie, au moment où à Bruxelles les dirigeants européens tentaient d’accentuer la pression sur Moscou pour infléchir sa position dans le conflit syrien mais aussi en Ukraine.

« Quiconque connaît un peu la Russie sait à quel point ce pays est calomnié dans nos médias« , a affirmé l’académicien Dominique Fernandez en accueillant parmi les « immortels » le plus russe des écrivains français.

Concernant la Russie, « la désinformation est systématique. On ne parle que mafia, corruption, nouveaux riches« , a dit l’auteur du « Dictionnaire amoureux de la Russie« , prix Goncourt en 1982 pour « Dans la main de l’ange« .

« Certes, a admis M. Fernandez, ces plaies existent« . Mais, a-t-il aussitôt demandé, « en sommes-nous exempts nous-mêmes’« . « Et puis, a-t-il ajouté, quelle prétention, que de vouloir appliquer le modèle démocratique de notre société à un pays trente et une fois grand comme la France (…) qui a d’autres dimensions, d’autres problèmes, d’autres coutumes que les nôtres« .

Andreï Makine a quant-à-lui profité du traditionnel discours de réception, pour plaider en faveur de « l’entente franco-russe » en retraçant les liens historiques, littéraires et spirituels entre les deux nations.

A rebours de la position officielle de la France qui dénonce depuis deux ans l’annexion de la Crimée et les atteintes de Moscou à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, l’écrivain a évoqué l »horrible tragédie ukrainienne » en condamnant « la guerre fratricide orchestrée (à Kiev) par les stratèges criminels de l’Otan et leurs inconscients supplétifs européens« .

La question syrienne a provoqué un coup de froid en octobre dans les relations franco-russes, conduisant le président Vladimir Poutine à annuler une visite prévue de longue date pour l’inauguration d’un « centre spirituel et culturel orthodoxe« .

Les relations avec Moscou ont surgi dans la campagne pour l’élection présidentielle française de 2017 quand le chef de l’Etat russe a adoubé le candidat de la droite, François Fillon, saluant en lui un « grand professionnel » et un « homme intègre« .

- ‘Jeu avec le feu’ -

Dans son discours, Andreï Makine a regretté que « les grandes puissances » occidentales « jouent avec le feu, en livrant des armes aux intégristes, en les poussant dans la stratégie du chaos, au Moyen-Orient« .

« Qui aurait, aujourd’hui, l’impudence de contester le martyre de tant de peuples, musulmans ou non, sacrifiés sur l’autel du nouvel ordre mondial globalitaire’« , a demandé celui qui succède à l’Académie à l’écrivaine algérienne Assia Djebar, morte en février 2015.

Il a évoqué « le demi-million d’enfants irakiens massacrés, la monstrueuse destruction de la Libye, la catastrophe syrienne, le pilonnage barbare du Yémen« . Il n’a toutefois pas fait mention du sort d’Alep qui vit les derniers jours d’un siège sanglant mené par le régime syrien avec l’appui décisif de l’aviation russe.

Interrogé par l’AFP à l’issue de la cérémonie sous la Coupole, Andreï Makine, vêtu de son habit vert dessiné par Giorgio Armani et épée à la main, a jugé « ridicules » les accusations contre la Russie à propos d’Alep: « voilà une ville bombardée pendant quatre ans, les Russes arrivent et ce sont eux les responsables! C’est ridicule« .

A propos des sanctions européennes contre la Russie, l’académicien, salué par une haie d’honneur de 15 gardes républicains, a estimé qu’en agissant ainsi « l’Europe se punit elle-même par bêtise« .

Avec l’entrée d’Andreï Makine à l’Académie française, l’institution créée par le cardinal de Richelieu en 1635 compte désormais 37 membres. Trois sièges restent à pourvoir.

Installé en France depuis 1987, l’écrivain âgé de 59 ans a obtenu la nationalité française en 1996, un ans après la publication du « Testament français » qui lui a valu le prix Goncourt, le Médicis et le Goncourt des lycéens. Cet amoureux de la langue française, né au coeur de la Sibérie au temps où existait encore l’Union soviétique a publié une vingtaine d’ouvrages en français.

Comme le veut la tradition, un mot a été attribué à Andreï Makine. Il s’agit de « véniel« , un adjectif s’appliquant à ce qui peut être pardonné.

 

source : http://www.lexpress.fr/actualites/1/culture/a-la-reception-d-andrei-makine-a-l-academie-francaise-plaidoyer-pour-la-russie-humiliee_1860935.html

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