UDO ULFKOTTE : COMMENT LA CIA A ACHETE LES JOURNALISTES ET LES JOURNAUX

17 janvier 2017

Non classé

Un journaliste allemand qui a dénoncé la CIA retrouvé mort

Udo Ulfkotte était le rédacteur en chef de l’un des plus grands journaux allemands, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, lorsqu’il a publié son bestseller «Journalistes qui s’achètent» révélant comment la CIA contrôlait les médias allemands, un livre qui lui a coûté sa carrière – et peut-être sa vie.

L’ancien rédacteur en chef du Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’écrivain Udo Ulfkotte est décédé le 13 janvier 2017 à l’âge de 56 ans. Alors qu’il avait été interdit aux médias allemands d’évoquer sa personne ces dernières années, ils ont été obligés maintenant de constater que le journaliste avait succombé à une « crise cardiaque ».

Sa mort éveille d’autant plus de questions parce qu’il était surtout connu pour son livre-dénonciateur « Journalistes qui s’achètent » (« Gekaufte Journalisten »). Là, Udo Ulfkotte a dévoilé comment la CIA payait des journalistes en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande pour qu’ils publient de fausses informations.

UDO ULFKOTTE : COMMENT LA CIA A ACHETE LES JOURNALISTES ET LES JOURNAUX telechargement-35-9e3cb

Le journaliste connaissait bien les menaces qu’il affrontait, mais croyait qu’il était mieux placé que la plupart des journalistes pour exposer la vérité puisqu’il n’avait pas d’enfants qui pourraient courir un risque. Dans un entretien au journal russe Russian Insider, le journaliste avait partagé : « Quand j’ai exprimé au Frankfurter Allgemeine Zeitung mon intention de publier le livre, leurs juristes m’ont envoyé une lettre de menaces contenant toutes les conséquences légales dans le cas où je publierais certains noms ou secrets — mais moi, je n’ai pas eu peur. Vous comprenez, je n’ai pas d’enfants que je dois choyer ».

Craignant une guerre en Europe, il a pris la décision de dévoiler la vérité quant aux médias contrôlés par les services secrets. « J’ai été journaliste pendant presque 25 ans, on m’a appris à mentir, à trahir, à ne pas dire la vérité au public », avait indiqué M. Ulfkotte à RT. « La CIA me soutenait, pourquoi ? Parce que j’étais pro-américain ».

Selon l’écrivain, les médias allemands et américains tentent d’amener la guerre en Europe mais aussi en Russie. C’est contre cette propagande médiatique qu’il s’est dressé avec son « Journalistes qui s’achètent » qui est devenu un bestseller. Un livre qu’il était interdit de mentionner dans les médias allemands.

M. Ulfkotte a lui-même contribué à la presse « achetée ». Par exemple, il a écrit une fausse histoire parlant du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi qui aurait construit des usines de gaz toxique en 2011.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201701161029621341-journaliste-verite-cia-mort/

Image de prévisualisation YouTube

Udo Ulfkotte,  ancien rédacteur en chef du Frankfurter Allgemeine Zeitung (qui est l’un des plus grands journaux Allemand), a décidé de rendre publique sur la chaîne Russia Today sa participation dans la corruption des «nouvelles» des médias occidentaux, estimant que celles-ci entraînent l’Europe vers une guerre nucléaire contre la Russie, provoquée par l’aristocratie américaine via la CIA.

Il a été un des conseillers du gouvernement Helmut Kohl. Entre 1986 et 1998, Ulfkotte a vécu en : Irak, Iran,  Afghanistan, Arabie saoudite, Oman, Émirats arabes unis, Égypte et en Jordanie. Il  est membre du German Marshall Fund et a fait partie de la Fondation Konrad Adenauer de 1999 à 2003. Il a gagné le prix civique de la Fondation Annette Barthelt en 2003.

Ces informations ont été depuis confirmées par Willy Wimmer, ex-secrétaire d’État du ministère allemand de la Défense, qui a accusé le département d’État américain d’ingérence dans le travail de la presse allemande.

Maintenant, il sort un livre qui prétend que les États-Unis sont en réalité la plus grande de toutes les menaces à la paix. Le livre est disponible uniquement en allemand, Gekaufte Journalisten, qui signifie «journalistes achetés.” (en tête des ventes dans sa catégorie sur Amazon.de).

Dans ce livre, il détaille la manipulation des médias et des journalistes par les agences de renseignement étasuniennes et notamment comment le Frankfurter Allgemeine Zeitung sert « comme une prostituée les intérêts de Washington en manipulant ses lecteurs au profit des États-Unis » au travers de multiples organisations pilotées depuis Washington, comme l’Atlantic Bridge, la Commission trilatérale, le German Marshall Found, l’American Council on Germany, l’Aspen Institute, etc.

Il a été cofondateur d’un mouvement de paix contre l’extrémisme islamique naissant en Allemagne.

Image de prévisualisation YouTube

Gekaufte Journalisten: Wie Politiker, Geheimdienste und Hochfinanz Deutschlands Massenmedien lenken

Journalistes achetés, journaux achetés

Début octobre 2014, Udo Ulfkotte, ancien journaliste au sein du grand média allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, a publié le livre «Gekaufte Journalisten – Wie Politiker, Geheimdienste und Hochfinanz Deutschlands Massenmedien lenken» (Journalistes achetés – Comment les politiciens et la finance dirigent les médias de masse).

Dans ce livre, il révèle que pendant toute sa carrière de journaliste d’investigation, dont il ne renie pas par ailleurs l’essentiel (notamment des enquêtes sur le poids acquis par l’islamisme en Allemagne), il a publié sous son nom et sans changements des articles écrits par des agents de la CIA ou d’autres agences américaines. Ces articles visaient à soutenir les interventions des Etats-Unis sur la politique allemande ou européenne, et à discréditer toutes réactions politiques poussant l’Allemagne à s’affranchir de ces influences.

Dans ce livre, Udo Ulfkotte reconnaît avoir pour ce faire été rémunéré par les services secrets américains, ce qu’il avait accepté pour une raison simple: être journaliste d’investigation indépendant ne nourrit pas son homme. Il ne dissimule pas le fait que, du temps de l’URSS, des agents du KGB opéraient de même en Allemagne auprès d’autres journalistes. Mais selon lui, ils le faisaient sur une bien moindre échelle et d’une façon qui a disparu à la chute du Mur. Au contraire, plus l’Allemagne prenait de l’influence au sein de l’Union européenne et dans l’Otan, plus il devenait important pour le gouvernement américain et ses services que l’opinion et le gouvernement allemand soutiennent les stratégies américaines. Pour cela la mobilisation de medias réputés comme indépendants devenait essentielle.

Il est remarquable de constater que le livre de Udo Ulfkotte, bien qu’il ait fait le tour des cercles alternatifs et des blogs politiques allemands, n’ait pratiquement pas été cité par la presse qu’il faut bien nommé officielle, qu’il faut bien aussi nommer subventionnée par des flots de dollars souterrains. Seul à ce jour La Voix de la Russie en a parlé. Pour connaître le contenu du livre, il faut donc se référer à cet organe, qui a publié un interview de l’auteur. Rien d’étonnant, diront les lecteurs animés d’une hostilité à la Russie encore très générale en Europe. La Voix de la Russie n’est-elle pas directement inspirée par le gouvernements et les services secrets russes. Peut-être, mais la question n’est pas là, elle était de pouvoir écouter ce que Udo Ulfkotte avait à dire.

La presse allemande n’est pas la seule

Or, lorsque l’on y réfléchit un tant soit peu, il ne fait aucun doute que les opinions publiques qui en Europe font de l’anti-poutine systématique ne le font pas par conviction personnelle, mais parce qu’elles sont influencées par le discours – la propagande à la Goebbels faudrait-il dire – émanant des grands journaux et des chaines de télévision. Il en est en France et dans les autres pays européens de même qu’en Allemagne. Comment pouvoir juger indépendamment si l’on est abreuvé en permanence de désinformation. Or cette désinformation, s’exerçant systématiquement en faveur des intérêts géostratégiques et économiques américains, ne tombe pas du ciel. A la lecture du livre de Udo Ulfkotte, l’on comprend qu’elle est financée directement par des dollars contribuant à l’équilibre économique des grands médias, et aux bénéfices de leurs actionnaires.

Il faut reconnaître que les lanceurs d’alerte, tel Udo Ulfkotte (que l’on peut comparer en son domaine à un autre dénonciateur de la CIA et de la NSA devenu célèbre), ne sont pas les seuls. Philippe Grasset, qui s’oppose quotidiennement sur son site De Defensa à ce qu’il nomme le Système de l’américanisme, vient d’en porter témoignage. Il relate les pressions et les menaces qu’il avait reçues, notamment, lorsque pratiquant le journalisme indépendant en Belgique, il avait avec de bons arguments techniques et politiques, critiqué le choix par le gouvernement belge de l’époque d’un avion de combat américain, face à l’offre française reposant sur l’avion Rafale, offre beaucoup plus avantageuse à tous égards pour la Belgique.

La corruption permanente qu’exercent sur les médias européens les intérêts stratégiques et économiques américains saute aux yeux aujourd’hui de tout observateur un tant soit peu averti. Ainsi, pour ne citer que cet exemple, le grand journal français de référence qu’est resté pour de nombreux lecteurs Le Monde, vient de publier, sans le moindre recul et mise en garde, un long article du « grand philanthrope » et milliardaire George Soros, conjurant les Européens de se ressaisir face à une menace russe grandissante. Si l’Europe ne soutient pas l’Ukraine de Kiev tant au plan économique que politique, elle devra – écrit-il quasiment – s’attendre à une invasion prochaine par l’Ogre russe.

Or quand on sait que George Soros, rendu milliardaire et donc “philanthrope” par des comportements économiques souvent proches de ceux de la maffia, quant on sait que par ailleurs il a financé toutes les révoltions orange mettant en place des gouvernements corrompus de par le monde, quand on sait comment, hier encore, il a dépensé sans compter pour assurer la victoire de l’adversaire conservateur et sous influence américaine qui s’est opposé à Dilma Roussef lors des récentes élections présidentielles brésiliennes, on ne peut que s’étonner du fait que Le Monde et les principaux journaux dits « occidentaux » aient publié sans la moindre mise en garde le tissu de mensonge et de désinformation qu’est cet article de George Soros. S’étonner, voire, selon l’expression célèbre, se tapoter pensivement le menton.

Cependant, pour ne pas sombrer dans le pessimisme, on pourra constater, à la lecture de leurs commentaires, que la plupart des lecteurs du Monde ne s’en laissent pas compter 4). Sans doute est-ce là un des bons effets de la numérisation de la communication politique. Ceux qui proposent sur le web, à titre individuel ou collectif, des propos quelque peu «alternatifs» parviennent de plus en plus, ne fut-ce que faiblement, à se faire entendre.

 

Jean-Paul Baquiast

Note

1) Citons une lectrice à qui « on ne la fait pas » : « Soros, un « philanthrope » qui défend l’Etat de Droit! Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre! L’Europe se retrouve bien avec une guerre civile à sa porte à cause de l’ingérence de monsieur Soros et ses amis américains qui ont voulu jouer au grand échiquier, et tout comme au Moyen-Orient c’est le reflet de l’interventionnisme et de l’ingérence néocoloniale de l’Open Society. Il y a déjà fort à faire en termes d’État de droit et de philanthropie dans votre pays, monsieur Soros, restez-y! »

Les commentaires sont fermés.

Pcdvendee |
Letambourdesaintremy |
Le Bangard |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Emploidessolutions
| Opposition Raphaeloise
| tueparlesfinanciers