EMPLOIS FICTIFS : UNE LONGUE TRADITION DANS LA VIE POLITIQUE FRANCAISE

8 février 2017

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François Fillon a présenté ses excuses aux Français devant près de 250 journalistes dans le contexte du « Penelopegate » ce lundi. Si l’enquête ne fait que commencer, le candidat de la droite et du centre à la présidentielle est loin d’être le seul homme politique à être mêlé à ce type d’affaires.

L’affaire du couple Fillon est loin d’être inédite dans l’histoire de la Ve République. De multiples affaires ont secoué la vie des partis politiques français depuis plusieurs décennies. De la base des militants au sommet de l’Etat, toutes les sphères ont été touchées par ces scandales. Retour sur les cas les plus emblématiques de ces trente dernières années.

Juppé et Chirac à la mairie de Paris

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Alain Juppé et Jacques Chirac en 2003 à l’inauguration du tramway de Bordeaux. Crédits : Regis Duvignau/Reuters.

En 2011, Jacques Chirac est déclaré coupable de « détournement de fonds publics », « abus de confiance » et « prise illégale d’intérêt » dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. L’ancien chef de l’Etat a écopé de deux ans de prison avec sursis sur 19 des 28 emplois litigieux. Le scandale remonte aux années 1988-1995 quand il était maire de Paris et que des membres du RPR avaient été rémunérés par la mairie. Alain Juppé a également été condamné en 2004 à une peine de 18 mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité, réduits en appel à 14 mois avec sursis et un an d’inéligibilité.

Jean et Xavière Tiberi et le conseil général de l’Essonne

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Jean et Xavière Tibéri lors des élections municipales à Paris en 2001. Crédits : REUTERS/John Schults.

Alors que Jean Tibéri succède à Jacques Chirac à la mairie de Paris en 1995, son épouse est soupçonnée d’avoir occupé un emploi fictif au conseil général de l’Essonne, pour un montant d’environ 32.000 euros en 1994. Cette affaire révélée par le Canard Enchaîné met au grand jour un rapport de 36 pages rempli d’erreurs consacré à « la francophonie et la coopération décentralisée ». Le conseil général était alors présidé par l’élu RPR Xavier Dugoin. Après de nombreux rebondissements, l’affaire des emplois fictifs de l’Essonne a été annulée pour vice de procédure par la cour d’appel de Paris en 2001. Cette affaire n’avait pas manqué de faire réagir François Fillon à l’époque sur France 2 : « Il y a au RPR des milliers de militants et des milliers d’élus qui respectent la loi et qui veulent être fiers de leur parti. Eh bien, ceux qui ne l’ont pas respectée doivent être exclus, c’est la règle, c’est celle dont nous nous sommes dotés et c’est celle que je ferai respecter ».

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 Jean-Christophe Cambadélis et la MNEF

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Jean-Christophe Cambadélis lors des voeux à la presse en janvier 2017, rue de Solférino. Crédits : REUTERS/Christian Hartmann.

L’actuel secrétaire national du Parti socialiste a été condamné à deux reprises pour des affaires d’emplois fictifs. Une première fois en janvier 2000 : il a écopé d’une peine de cinq mois de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende pour avoir profité d’un emploi fictif dans une société qui s’occupait de foyers de travailleurs immigrés gérée par un ancien cadre du Front national. La seconde fois, Jean-Christophe Cambadélis a été condamné à 20.000 euros d’amende et six mois de prison avec sursis en 2006. Il avait été rémunéré par la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) entre 1991 et 1995 pour une activité fictive de conseil à hauteur de près de 100.000 euros.

Harlem Désir et son emploi fictif à Lille

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Harlem Désir lors d’une réunion à Rome en 2015. Crédits :  REUTERS/Remo Casilli.

L’actuel secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes a été condamnée en 1998 à 18 mois de prison avec sursis et environ 5.000 euros d’amende pour « recel d’abus de confiance ». M.Désir avait été rémunéré comme formateur dans une association lilloise entre novembre 1986 et octobre 1987 pour un emploi fictif alors qu’il occupait le poste de président de SOS Racisme.

Le FN et les emplois fictifs du Parlement européen

Marine Le Pen

Marine Le Pen au Parlement européen lors de l’élection du nouveau président du Parlement en janvier 2017. Crédits : REUTERS/Christian Hartmann.

En 2015, le Parlement européen a saisi l’office européen de lutte antifraude sur des faits pouvant ressembler à du financement illicite de parti politique. Selon Le Monde, 29 assistants parlementaires de 23 députés européens étaient suspectés « d’emplois fictifs » dans le cadre de cette enquête. Pour le cas de Marine Pen, l’enquête a établi que la rémunération de Catherine Grisée, employée comme attachée parlementaire de Mme Le Pen entre 2010 et 2016 n’était pas légale. Cette dernière aurait travaillé uniquement pour le FN. Le Parlement européen a réclamé à l’élue FN plus de 300.000 euros qu’elle a refusé de rembourser la semaine dernière.

>> Lire aussi : Assistants parlementaires européens : que risque Marine Le Pen ?

source : http://www.latribune.fr/economie/france/emplois-fictifs-une-longue-tradition-dans-la-vie-politique-francaise-636270.html

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